Résumé

Une semaine après leur succès en Moselle, entrecoupée par le match de coupe contre Dunkerque ce mercredi, Reims retrouvait les joutes du championnat avec la venue des Dragons de Rouen. Si Rouen connaissait un début de saison compliqué (avec 3 revers en autant de matchs), la troupe d’Ari Salo restait néanmoins un adversaire redoutable à prendre en considération, tant la qualité de la formation rouennaise était reconnue. Mais qu’importe, les hommes d’I.Bock devaient s’appuyer sur leurs certitudes du moment, à l’instar d’un Dmitrichev très en forme, pour poursuivre leur série en cours et contrer des Dragons désireux de prendre leur envol.

Et d’entrée de match, Rouen, appuyé de quelques précieux renforts de Magnus (Leborgne, Perret, Ulysse ou encore Hervé), démarrait en trombe la rencontre pour prendre à la gorge son adversaire. Toutefois, Reims bien mis en rythme par son match de CDF, parvenait à soutenir la comparaison, malgré une 1ère alerte par le duo Leborgne/Peret dans les premiers instants. Les locaux ne tardaient pas à réagir et plaçaient un 1er contre tranchant. À la 2ème , Travnicek, servi par son compatriote Novotny, s’échappait sur l’aile droite et servait Rouillard, qui ajustait Thirion d’un tir entre les bottes (1-0, 01’40).  Reims n’était pas malheureux pour le coup en ouvrant la marque sur son 1er tir. Ce but concédé prématurément ne perturbait nullement les Dragons, qui essayaient de repartir de l’avant. Pourtant, c’était bien Reims qui avait le momentum en sa faveur et se montrait incisif grâce à son pressing haut. Pour preuve, ce dernier conduisait à une perte de palet rouennaise à la 10ème dont profitait Dmitrichev pour servir sur un plateau Martial pour le break (2-0, 09’49). Dans la foulée, les Phénix profitaient d’une nouvelle approximation des visiteurs et Martial rendait la pareille à Dmitrichev qui fait étalage de sa maestria pour alourdir le score (3-0, 10’10). Le coach rouennais appelait un temps mort pour stopper l’hémorragie et recadrer ses troupes. Cet arrêt du jeu portait ses fruits pour les Dragons, qui butaient encore et toujours sur Pietilä, malgré des essais de Chauvel (17e) ou encore Lanes (18e). Pas de quoi dévier Reims de son chemin néanmoins. Mieux, consécutivement à une récupération haute de Logeat dans la dernière minute de jeu, Dmitrichev se jouait de Thirion et inscrivait le 4e but de la soirée (4-0, 19’22). Le réalisme rémois était clinique sur ce tiers et les locaux pouvaient regagner tranquillement les vestiaires, nantis d’une confortable avance.

Au retour sur le glaçon, le rythme effréné du 1er tiers retombait quelque peu et on assistait à un jeu quelque peu brouillon de part et d’autre dans les premiers instants. Le match semblant plié, compte tenu du score, Reims se contenait de rester en place, attendant l’erreur de son opposant pour alourdir la note. Et c’est ainsi que sur une de ses premières incursions du tiers, les hommes d’I.Bock allaient voir la réussite leur sourire une nouvelle fois. À la 25ème , Logeat récupérait un nouveau palet et lançait d’un revers en se retournant, ce qui profitait à Martial pour dévier subtilement la rondelle qui déjouait Cobet (qui avait remplacé Thirion à l’issue du 1er acte) (5-0, 24’46). Deux minutes plus tard, les Marnais avaient une nouvelle opportunité sur une supériorité (26’57). Hélas, cet avantage ne durait pas assez longtemps pour être fructifié, le corps arbitral sanctionnant les Marnais peu après (27’28). Rouen avait là une opportunité pour ne pas rester fanny. Et si le 1er essai de Villard s’écrasait sur la barre de Pietilä à la 29e, son 2tir, suite à un slalom dans la défense des Phénix, terminait dans la lucarne cette fois-ci (5-1, 29’03). Rouen s’enhardissait et Bussat, sur une percée rageuse, scorait une deuxième fois dans la minute suivante (5-2, 30’45). La machine rouennaise était réveillée et intensifiait son emprise. Reims perdait peu à peu de sa sérénité et subissait une nouvelle infériorité à la 32e. Si l’infériorité se passait sans conséquence pour les équipiers de cap’tain Lathuilière, le feu était bien présent désormais dans la maison rémoise. Pire, Jordan Hervé inscrivait et ramenait son équipe à deux unités, celui-ci sautant sur un retour de lancer de Riu (5-3, 34’40). Ce qui prêtait à sourire 5 minutes plus tôt, faisait monter la crispation chez les partisans d’Albert 1er. On se demandait jusqu’où la remontada des Dragons allait s’arrêter. Les jeunes rouennais sentaient qu’il fallait enfoncer le clou et y parvenaient à la 37e, quand Pognant, esseulé au 2e poteau, reprenait, comme à la parade, un service de Chauvel (5-4, 36’47). En l’espace de 10 minutes, la rencontre avait complètement tourné en faveur des visiteurs, avec des Rémois qui semblaient subir le contrecoup de leur match en semaine, cumulé à un relâchement. Fort heureusement, les Phénix resserraient les boulons en fin de tiers pour préserver leur maigre avance !

Certainement remotivés et recadrés durant la pause de 15 minutes, les Rémois revenaient plus déterminés à l’aube d’un 3ème tiers qui s’annonçait indécis. Et il fallait bien ce sursaut marnais pour contrarier des Dragons à l’envie retrouvée et désireux de niveler la marque. Toutefois, la fougue de la jeunesse rouennaise les amenait à visiter la case prison en deux occasions (40’49 & 46’16). De quoi permettre aux Phénix de reprendre le contrôle du match momentanément et si possible de refaire un break. Pourtant, ces infériorités ne concrétisaient pas les efforts rémois, malgré deux énormes essais de Rouillard et Novotny. Mais ces alertes ne refroidissaient pas les ardeurs des hommes d’Ari Salo, qui se créait à leur tour une énorme occasion par Leborgne qui s’en allait défier en 1 vs 1 Pietilä, mais le finlandais ne tombait pas dans la feinte du pensionnaire de Magnus et disait non (48ème). Mais coup de tonnerre, l’arbitre estimait que l’avant rouennais avait été gêné par un défenseur rémois et accordait un tir de pénalité ! Leborgne s’élançait pour se faire justice, mais Pietilä sortait un arrêt mitaine pour frustrer à nouveau son adversaire (47’56). Reims sentait la fatigue de plus en plus peser dans ses jambes, mais faisait preuve de courage face aux vagues incessantes de la part des visiteurs. Le portier finlandais des Phénix devait de nouveau sortir le gant sur une déviation à bout portant de Pognant pour éviter l’égalisation (51ème). Une nouvelle supériorité rouennaise à la 52ème ne changeait rien au match, Reims faisant bloc pour contrer les assauts répétés des Dragons. Les minutes défilaient et la pression ne baissait pas d’un cran sur la défensive marnaise. Le trio Hervé/Leborgne/Perret se voyait gaver de temps de glace dans l’espoir d’un but égalisateur, mais la réussite les fuyait face à des Phénix solidaires et pas avares de sacrifices pour tenir ce 5-4. Ari Salo jouait son va-tout dans les 2 dernières minutes, en faisant sortir Cotet dans les 2 dernières minutes. Le stress omniprésent dans les travées d’Albert 1er était à son comble, tant les jeunes Dragons jetaient leurs dernières forces en multipliant les essais sur la cage d’un Pietilä, qui se montrait incroyable de sérénité dans ce money-time. Un dernier face-off, géré à merveille par Dmitrichev, permettait de gérer les dernières secondes et la sirène pouvait retentir, synonyme à la fois de délivrance pour les joueurs et partisans rémois.

Au terme d’un scénario hitchcockien, les Phénix remportaient une précieuse victorieuse, malgré une fatigue physique et mentale bien présente dans la 2e partie du match. Rouen s’était lancé d’un peu trop loin pour espérer compléter sa remontée, quand les Marnais s’étaient appuyés sur un réalisme clinique et une solidarité salvatrice pour remporter les 3 points. Place à quelques jours de repos bien mérités pour la troupe d’I.Bock, avant la réception des Lions de Wasquehal le samedi 19 novembre pour le compte de la 7ème journée.

📸 Photographe : Black Ghost

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